Tout au long de l'année, on trouve, aujourd'hui, pratiquement tous les légumes sur les étals des grands distributeurs.
On en est arrivé au point où bien peu de personnes ont encore une vague idée des légumes de saison propres à la région.
Cette situation pose des problèmes éthiques, écologiques et sanitaires non négligeables.
La tomate est l'exemple le plus frappant de l'ampleur du problème.
La tomate se trouve désormais du 1 janvier, certains sont ouverts les jours fériés, au 31 décembre dans n'importe quel supermarché.
Le goût d'une tomate qui ne pousse pas hors-sol et qui murit au soleil est totalement différent des produits insipides dont on est gavé tout au long de l’année.
Le bonheur d’arriver aux premiers jours du mois de juin pour déguster les premières tomates a complètement disparu.
Cet exemple extrême est de moins en moins isolé.
Ne pas suivre les saisons des produits du terroir nous coupe de nos racines, c’est une garantie de monotonie dans nos assiettes, dans nos esprits.
Les responsables de la grande distribution déplorent, regrettent, mais ne font strictement rien pour changer un état de chose dont ils sont les pères.
Ils avancent, sans la moindre honte, des arguments tendant à étayer l'idée qu'il leur est impossible d'agir unilatéralement pour ne plus offrir de produits qui ont voyagé à un coût écologique exorbitant dans le seul but d’être vertueux.
On peut remarquer que la création de rayons bio, allégé et autres ne posent pas le moindre problème.
Le rayon légumes de saison n'existe pas, pourquoi ?
Juste parce qu'il est impossible de majorer le prix d'un produit sous prétexte qu'il est de saison !
Sur ce point, l'un des bijoux est assurément, dans les produits laitiers, le yaourt allégé : on en retire quelques petits grammes de graisse au kilo, le constituant le plus cher du produit, et on le vend plus cher juste en ajoutant allégé.
Il serait stupide de s'en priver au vu du succès de la manoeuvre ?
Aujourd'hui, où l'information circule facilement et rapidement, on peut manger mieux, plus sain, et meilleur.
On peut ralentir la destruction de la planète en mangeant plus local.
On peut ne plus être complice de conditions de travail parfaitement scandaleuses.
On peut avoir un comportement éthique en retrouvant des plaisirs oubliés.
Pourquoi attendre de se retrouver dans une situation irréversible ?