Les boissons

BOISSONS

BOISSON : n.f. (bas latin bibitio, de bibere, boire)
Tout liquide que l'on boit pour se désaltérer ou se rafraîchir.

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Le meilleur endroit pour boire de la bière belge ? La Belgique !...

Les limites de l'homme se situent aux environs de 3 minutes pour l'air, 3 jours pour la boisson, 3 semaines pour la nourriture. Boire est le deuxième besoin fondamental de l'être humain.
Une boisson est un liquide destiné à apaiser la soif à couvrir le besoin essentiel de notre corps en eau. La boisson la plus naturelle est l'eau, la seule que boivent les animaux hormis le lait maternel pour les mammifères. L'eau, boisson d'origine minérale, n'apporte aucun élément nutritif, et n'a aucun contenu énergétique, elle peut contenir des sels minéraux.

Avant même les premières lueurs de civilisation, l'homme a cherché à agrémenter ses besoins vitaux de la touche du plaisir. Avec la première forme de sédentarisation cet aspect de ses préoccupations va s'aiguiser.
La bière, la boisson alcoolisée la plus vendue au monde, est un breuvage universel et très ancien, probablement la plus ancienne boisson élaborée jamais fabriquée par l’homme.

Histoire de la bière des origines à la chute de l'empire romain

L'histoire de la bière est intimement liée à celle de ses ingrédients.
Les premières cultures de céréales, notamment l'orge et l'emmer, une variété ancestrale de l'épeautre, sont attestées de 8'000 avant J.-C. en Mésopotamie et en Palestine. Tous les ingrédients disponibles, sa découverte est le fruit d'un concours de circonstances : une récolte d’orge noyée par la pluie aurait germé. Le soleil revenu, les levures naturelles ont travaillé ; la bière existait, il y a plus de 8'000 selon toute vraisemblance.

La première trace historique de cette boisson est une ode à la bière de la mythologie sumérienne. Des tablettes en argile à l’écriture cunéiforme, datées de 3'800 avant J.-C., découvertes sur le site de Ninive dans les années 1840, font référence au Sikaru, pain liquide. Le procédé de fabrication de cette boisson fermentée, généralement à base d'orge, débutait par la cuisson de galettes. Ce pain de bière prenait une teinte blonde ou brune foncé pendant la cuisson, en fonction de la couleur de bière requise. De l’eau chaude était versée sur ce pain. La trempe ainsi obtenue était filtrée puis laissée à fermenter spontanément. Une fois la fermentation terminée, le breuvage était transvasé et stocké dans des caves fraîches où débutait une fermentation secondaire
La Dame de la bière, Ninkasi, est la déesse de cette boisson, la préférée des Sumériens. Ninkasi est la première divinité associée à la bière. Enki, dieu sumérien de l'agriculture, de l’irrigation et des cultures, et Ninhursag, la déesse-mère, ses parents, ont engendré trois générations de déesses et de plantes La fabrication du Sikaru était une fonction sacrée des prêtresses de la déesse sumérienne associées à des brasseurs dispensés de service militaire.
Les Sumériens avaient déjà développé une dizaine de type de bière. La teneur en alcool était faible car obtenu à partir de grain cru.
Dans les années 1980, Fritz Maytag, propriétaire de la brasserie Anchor à San Francisco, utilisa la recette retrouvée à Sumer. Il fabriqua des pains bappir d’orge, cuits deux fois pour les sécher à coeur et coupés en bandes. La trempe a été placée en foudre avec un supplément d’orge malté et, selon le chant dédié à Ninkasi, du miel et des dattes pour donner une touche épicée. Les invités d'un banquet l'ont bue au moyen d’un bambou, comme cela était l'usage à Sumer. Cette bière revenue de la nuit des temps, c’était bel et bien de la bière à la couleur rouge orangée et 5° d'alcool, n'était pas amère et remarquablement sèche et rafraîchissante.

Une première avancée de la bière, entre le troisième et le second millénaire, a été la maîtrise du maltage. Les Mésopotamiens furent alors capables de produire des bières brunes et blondes en faisant roussir les grains sur le feu.
Les Babyloniens ont diversifié la gamme ; 34 bières différentes ont été recensées. Ils utilisent de l'emmer non malté et de l’orge maltée. Les brasseurs savaient déjà que l’orge maltée produisait de meilleurs extraits de sucres, tandis que le blé donnait de la bière à caractère âpre et fruité.

La Sikaru babylonienne, arrive en Egypte où elle est très appréciée et améliorée techniquement. En plus de ses qualités nutritionnelles, la bière est aussi utilisée de façon médicale contre certaines infections, les migraines et comme produit de beauté de la peau. En Egypte, il est chic, pour les classes aisées, de la boire à l’aide d’un roseau pour ne pas avaler l’enveloppe des grains.
Selon la légende c'est Osiris, dieux et symbole de l'agriculture protégé d'Isis, la déesse de l'orge, qui enseigna le brassage aux Egyptiens.
Ramsès II, surnommé le pharaon brasseur, contribue à l'implantation durable de la bière qu'il appréciait fort. Il proclame des règles très strictes concernant ce breuvage et crée des brasseries d’Etat relevant d’un monopole. La technique de fabrication consistait fabriquer des pains farine d'orge, de millet ou d'épeautre. Les pains étaient émiettés, mouillés et laisser fermenter, dans des pots de terre semi-enterrés, pendant plusieurs jours. Cette pâte était ensuite pétrie, avant de l'égoutter dans des paniers placés au-dessus de jarres. Les noms les plus fréquents, pour la bière ainsi obtenue, étaient Curmi et Zythum, vin d'orge.

A la même époque, à l'autre bout du monde, les Chinois fabriquaient de la T’ien tsiou, une bière verte non entièrement fermentée et faible en alcool et de la Tsiou, plus forte en alcool, à base de millet, bien clarifiée et ayant achevé sa fermentation.
Il ne s'agit plus de pain liquide mais belle et bien d'une boisson enivrante.

La bière entame sa conquête du Nord du bassin méditerranéen en commençant par le monde grec.
Dans l’ancienne Grèce, Hippocrate, né à Cos au environ de -460 et mort à Larissa vers -370, utilisait la bière comme remède diurétique et pour combattre la fièvre. A cette époque, l’alcool était déjà utilisé pour guérir des blessures. Arète de Cappadoce la conseillait en cas de diabète et de migraine.
Les Romains, comme les Grecs, n'accordèrent pas la même faveur à la bière que les Egyptiens qui la leur avaient fait connaître. Ils y préfèrent le vin, boisson noble par excellence (qui deviendra le symbole du sang du Christ dès les débuts du christianisme).
C'est pourtant Rome qui introduit la bière dans la péninsule ibérique et en Gaule. Au premier siècle avant J.-C., c'est le temps de la Cervoise, Cervesia des Celtes et de la Korma des Gaulois. Cervoise évoque la Ceresis vitis, vigne de Cérès, en référence à la légende selon laquelle Cérès, déesse des moissons et des céréales, en fit bénéficier les peuples de l'au-delà de la limite nord de la culture de la vigne.
La Cervoise est très appréciée des Gaulois, la crainte des maladies que pouvait provoquer la consommation d'eau contribue notablement à son succès, le succès d'une boisson sans risque. Elle s'intègre à l'alimentation quotidienne, elle est fabriquée en famille, par les femmes. Aux Gaulois revient le mérite d'avoir inventé le foudre, réservé à la fermentation et la maturation, et le tonneau voué à la conservation et au transport. Le malt était appelé brace, origine du mot brasseur.
Anecdote amusante : en juillet 58 avant J.-C., César écrase les Helvètes près de Bibracte, sur la demande des Gaulois. Les Helvètes, de retour sur les bords du Léman, aujourd'hui pays de vigne, refuseront de remplacer la bière par le vin en résistance à l’influence romaine.
Les peuples du Nord de l'Europe découvrent la bière au cours de leurs diverses expéditions. Son goût et son degré d'alcool assez élevé lui assurent le succès jusqu'à des latitudes où précipitations et températures ne sont même plus favorable à la culture de l'orge. Les Germains l'adoptent au 1er siècle avant J.-C. et la fabriquent avec de l'orge, du froment ou de l'avoine maltée et l'aromatisent avec du miel ou du gingembre. Ils en transmettent l'usage aux pays plus nordiques, qui en font leur boisson exclusive dès le IVème siècle.

Histoire de la bière :   suite,   des Romains au 18ème siècle,   du 19ème siècle à nos jours.


Une boisson est un liquide destiné à apaiser la soif à couvrir le besoin essentiel de notre corps en eau
Avant même les premières lueurs de civilisation, l'homme a cherché à agrémenter ses besoins vitaux de la touche du plaisir
Emmer, variété ancestrale d'épeautre attestées de 8'000 avant J.-C. en Mésopotamie
Première trace historique de Sikaru
Ninkasi, déesse, Dame de la bière
Enki, dieu sumérien de l'agriculture, de l’irrigation et des cultures
Fabrication de la bière en Egypte
En Egypte, il est chic de boire la bière à l’aide d’un roseau pour ne pas avaler l’enveloppe des grains
Nuwa et son mari Fuxi auraient régné en Chine avant la dynastie Xia
Hippocrate, né à Cos au environ de -460
Les Romains préfèrent le vin à la bière
C'est Rome qui introduit la bière en Gaule
Les Helvètes refuseront de remplacer la bière par le vin en résistance à l’influence romaine
Les Germains adoptent la bière et la fabriquent avec de l'orge, du froment ou de l'avoine maltée et l'aromatisent avec du miel ou du gingembre

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